samedi 1 septembre 2007

Plus vite chauffeur ! Plus vite chauffeur !



Aujourd'hui, excursion en groupe, dans l'un de ses improbables bus qui sillonnent habituellement les rues de Bogota. Destination : Guatavita, à une bonne heure de route.

Première constatation, les Colombiens sont plus petits que nous. Bien serrés, les genoux péniblement coincés dans les dossiers des sièges de devant, nous voilà partis en troupeau, avec plusieurs couples d'Américains et le couple de Basques qui réside à l'hôtel avec nous. Certes, nous n'avons pas de place, mais voir les gabarits hors-normes des Ricains, surpliés entre deux sièges adoucit perversement notre sort.

Bon, je suis plutôt un miniaturiste, alors pour faire bref, Guatavita, c'est ça :




Un piège à touristes, consciencieusement reconstitué mucho typico, en lieu et place du village original, englouti il y a quelques dizaines d'années pour permettre l'édification d'un barrage et du lac artificiel subséquent. Le véritable intérêt réside dans la visite du vrai lac, situé à 3500 m, et sur lequel les Indiens envoyaient périodiquement un sorcier couvert d'or, pour apaiser la colère de la créature qui était sensée y vivre. Le pauvre homme, si somptueusement lesté devait plonger. S'il remontait, c'est que la créature était calme. Dans le cas contraire...

Est-il besoin de préciser que nombre des pièces exposées aujourd'hui au Museo del Oro de Bogota, proviennent des profondeurs de ce lac. Mais cette visite là, nous ne la ferons pas. Officiellement à cause de l'altitude qui pourrait être préjudiciable aux enfants. Faites des gosses !




Nous nous contenterons donc de visiter la ville neuve. Étrangement déserte, et peuplée, en dehors des quelques touristes, seulement des vendeurs de merdouilles standards : panchos, chivas, etc...




Le temps, il est vrai, incertain y est peut-être pour quelque chose. Sûrement même.

Peu de curiosité donc, dans cette ville en toc...




Enfin peu... autres que culinaires. Et encore...




Non, le vrai charme de cette balade, aura été la route elle-même.




Qui nous aura donné l'occasion de voir une autre facette de la Colombie.




Une facette peut-être moins habituelle pour nous qui ne sortons guère de Bogota.










Retour finalement en fin d'après-midi, pour un repos de vacanciers tout à fait indigne et largement immérité.


vendredi 31 août 2007

Gros cons de touristes



À la Zona Rosa, on trouve de tout. C'est le théâtre du changement des mentalités des Bogotanos. Quelques punks chics y traînent, au milieu de l'équivalent local des punks à chiens, qui fabriquent bijoux et merdouilles diverses.

C'est là aussi que se trouve Andinos, le centre commercial le plus chic de Bogota (et selon l'ambassade U.S, l'endroit le plus sûr de la ville). Toutes les grandes marques y ont une boutique. Ce qui, pour certaines, coule de source, puisque elles disposent d'ateliers de fabrication en Colombie, gros producteur de coton.




Miracle de la mondialisation, il n'en faut pas plus pour que nous fassions swinguer la Master Card. Je rentre même dans des boutiques que je n'approche pas à Paris. Le magasin Diesel, par exemple, n'a rien à envier à son homologue parisien. Désigné branchouille, genre pédé viril, avec barbouille rose boudoir sur les portes des cabines d'essayage et motifs à tête de mort sur les murs.




Et tout ça bien-sûr, pour 30 à 40% moins cher qu'à Paris. Alors comme on s'emmerde un peu, on y va. Et on se sent presque dans la peau de japonais lâchés dans le bunker Vuitton des Champs.

La sensation est ambigue. Marrante, et hélas assez addictive, mais un brin culpabilisante. Surtout lorsqu'on sait que le salaire minimum ici est de 150 €/mois. Du coup, si on se replace dans la perspective, et bien... avec nos jeans de marques et nos polos, nos sommes bel et bien des japonais en goguette.

Bien-sûr, vous allez me dire que je me complexe catho de gauche, qu'il faut que j'arrête de lire Télérama et Houellebecq. Ben oui... mais le problème c'est que c'est déjà fait... Alors d'accord, on fait marcher le commerce, c'est bon pour le PNB, tout ça, tout ça... Et puis au final, il y a, sur place, bien plus riches que nous (mais alors là, vraiment bien plus), mais, même si je vais continuer à profiter de l'aubaine (je me connais), je ne peux pas m'empêcher de penser que dehors, plus loin, il y a des spectacles autrement moins glamour.


jeudi 30 août 2007

Soleil



Journée ensoleillée, alors sortie avec Elias au Museo de El Chico. Plutôt son parc. Une pente herbue, semée de grands arbres et de jeux pour les gamins. Sous la lumière crue du soleil de montagne, l'endroit est assez enchanteur.

Sur la bordure nord du parc, deux buildings de briques rouges, fins, racés, partent à l'assaut de la pente et défient les palmiers géants qui, pourtant, accrochent sans problème leurs cîmes au niveau du dixième étage.




L'endroit doit être paradisiaque. Très caractéristique du nord de la ville. Le coin le plus nettement bourgeois de Bogota.

Le long de l'avenue qui longe ce parc, on ne croise pas grand monde, si ce n'est les dog sitters. La mode, comme chez nous, est au golden retreiver. On ne me retirera d'ailleurs pas de l'idée, que c'est là encore, un symptôme de l'universalisation des goûts, par surgeon de culture américaine. Mais bon... bref. Tout comme la société, la ville est très statifiée, et si le plan à l'américaine est de rigueur, la topographie humaine en est très différente. Plus drastique. Au sud, les pauvres ; au nord, les riches. Ce qui fait que, étrangement, le centre ville se trouve livré à la modeste classe moyenne. Une classe moyenne qui ne réprésente que 30% de la population, mais fait figure d'exception sur le continent sud-américain.



Tout au sud, sur les contreforts de la montagne (si vous cliquez pour agrandir cette photo, vous pourrez les apercevoir), se sont les quartiers d'invasion – on prononce "inBasion" –, l'équivalent bogotanos des favellas brésiliennes. Jusque très récemment, les maisons y poussaient sans ordres, au gré de la place qui ne manquait pas de se faire lorsque tombaient en ruines les cabanes bricolées avec des morceaux de plastique et des tôles de récupération.

Aujourd'hui, toutefois, les autorités municipales, ont décidé d'officialiser ce qui n'était finalement qu'une zone d'accrétion pour tous les provinciaux encore attirés par le lustre de la capitale, et qui finissaient là, dans la misère la plus noire. La municipalité de gauche a tracé des rues, amené l'eau et l'électricité, et aidé au financement de l'achat de petites maisons en dur, les Colombiens, préférant être propriétaires (résidu d'une mentalité très XIXème siècle, encore bien présente dans le pays, et ce, à bien des égards).

Bien entendu, c'est une mesure intéressante, mais qui ne fait 1) que repousser le problème dans le temps et 2) le déplacer géographiquement, vers l'est. Mais au final l'éducation et l'alphabétisation dans ces barrios restent largement insuffisantes. Et sans cela, la situation ne pourra que perdurer.

Et faire perdurer les problèmes – comme le rapport à la violence et à la force – est un peu un mal endémique ici.



mercredi 29 août 2007

Considérations...




Morne journée de chasse aujourd'hui. Depuis une semaine je me balade constamment avec mon appareil dans mon sac. Un sac discret. Pas un truc de chasseurs d'image en maraude. Non. Un sac passe-partout. Celui-là même que j'utilise pour aller bosser. Même si j'ai amené d'autres cailloux, mon Canon est pratiquement toujours monté avec mon objectif fétiche, un Helios 44 russe des années 60, complètement manuel, en métal, et trouvé via internet en Grande-Bretagne pour la somme astronomique de 4,80 €. C'est un 58mm (ce qui n'est pas une focale si insolite que ça, en fait), ce qui équivaut donc à un 92mm avec mon capteur. Un peu serré, mais j'adore redécouvrir le monde au travers de ses lentilles. Justement parce qu'il est finalement assez inapproprié et non polyvalent, il m'oblige à me creuser la tête, et à tourner autour de mon sujet. Parfois même à me colleter avec. En toute complicité, s'entend.





Ce chauffeur de taxi par exemple, qui nous a ramené de chez Michelle, où nous avons divinement déjeuné. Généralement, lors de nos déplacements, je monte à l'avant, à cause de mon gabarit. Ça me laisse un peu plus de champ, et j'ai décidé d'en profiter. J'ai donc sorti l'appareil de mon sac, sous ses yeux intrigués.

Je lui baragouine que c'est important de prendre des photos. Para los niños. Il me demande si ils sont français, et je lui réponds :

No. Colombianos.
– Adoptados ?
– Si !
– Ah ! Si ! Muy importante !

Et pour sceller l'accord je lui montre l'appareil, en faisant mine de l'ajuster dans mon viseur. Il rigole, et je termine mon geste et shoote. On se quitte en se serrant la main. Il a bien rigolé en m'entendant essayer de lui indiquer la route en espagnol, mais a apprécié l'effort à sa juste valeur.

Chouette moment de complicité.

Un visage, un sourire et un regard. On est aussi là pour ça. Faire le plein.

mardi 28 août 2007

La face nord



Maintenant, il s'appelle Isaac. Isaac R., et il a trois ans. Ses parents vivent au Nouveau-Mexique. Lorsque nous l'avons vu, il soufflait comme un phoque asthmatique. Un son rauque. Un brin malsain qu'il vous exhibe avec une étrange insistance. Isaac se plante à côté de vous, vous accroche un regard suppliant mais un peu vide, et se met à faire son drôle de bruit, cadencé par la pulsion binaire de sa respiration.

Mais ce n'est pas un cas sévère d'asthme. Son père m'a dit qu'Isaac est un "big attention grabber". Qu'il est "lazy". À l'orphelinat, lorsque ses parents adoptifs – un couple de jeunes américains très upper middle class, déjà parents d'un petit Aydan âgé de trois ans et demi, à l'évidence onçu sous la couette – ont fait sa connaissance, on les a encouragé à le laisser se débrouiller tout seul. C'est ce qu'ils font. Et nous ont aussi demandé de faire. La sensation est étrange. Ce petit garçon peut rester dix minutes sans bouger en haut d'une volée de marches, à regarder sa mère en bas avec ses yeux demi-morts, dans un silence sec et sans rien faire d'autre que ne rien faire, espérant simplement qu'elle voudra bien lui faire descendre l'escalier. Si d'aventure vous passez par là, il détourne sa molle attention vers vous. Au cas où. Et vous, vous ne faites rien. Rien, parce qu'il ne faut rien faire.

Déconcertant aussi de se retrouver face à un gamin à peine plus jeune que le vôtre, vous tendant une balle pour jouer, et de le lui refuser, parce que c'est la bonne chose à faire, et qu'il doit apprendre à jouer tout seul. C'est d'autant plus troublant, que ça répond aussi, quelque part, à l'envie honteuse de tout parent avide d'un peu de tranquillité, d'un moment de break.



Et voici Melissa. Cette jolie princesse à trois ans, et d'ici une semaine elle s'envolera avec ses parents adoptifs pour Kansas City. Ce sont deux solides Américains, qui à eux deux doivent faire dans les 300 kg. Ce sont de bons chrétiens, lecteurs assidus de la Bible et qui, même à 5000 km de chez eux, n'oublient pas de se rendre à l'office du dimanche. Michael, le père, est un géant d'un bon mètre quatre vingt quinze. Il est maton dans un centre de détention pour petits délinquants. Pas de peines supérieures à un an, et sinon, que des détenus en préventive. Même s'il a le physique de l'emploi, Michael ne se verrait absolument pas travailler dans un pénitencier. Les longues peines, les gangs, les crimes de sang, l'animal factory, c'est pas son truc. Son truc, c'est cette petite fille.

Elle est jolie comme un cœur fragile. Melissa a un grave handicap aux jambes. Ses deux pieds sont rentrés en dedans – à quarante cinq degrés tous les deux – et elle est appareillée. Assez légèrement toutefois. Nul doute qu'aux États-Unis, on pourra y remédier, au prix de quelques opérations. Mais vu leur système de santé, je me prends à me demander combien ça gagne un maton, à Kansas City ?

On nous a souvent dit que c'était courageux de faire ce qu'on faisait. Traverser la moitié du globe pour aller adopter nos enfants. On ne nous croit pas lorsqu'on répond que non, ce n'est pas courageux. Simplement égoïste. Nous sommes venus de loin, certes, mais à chaque fois pour adopter des bébés de quatre mois, en bonne santé, et sans antécédents médicaux lourds. Nous avons choisi de ne pas gérer des problèmes médicaux ou psychologiques lourds. Choisi de ne pas avoir à nous confronter à la barrière de la langue. Car ni les parents de Melissa, ni ceux d'Isaac ne parlent espagnol. Et pourtant, eux, y sont allés. Certainement en se posant des tas de questions, sûrement en sachant que ça allait être difficile et que leur couple allait en pâtir, peut-être même exploser. C'est l'adoption par la face nord. Et ça c'est courageux.

Et heureusement, même tout au début de l'ascension, il y a toujours des moments où le courage paye.


lundi 27 août 2007

Innocence...



Voilà Angela. Nous l'avons rencontrée cet après-midi, dans l'un de ces parcs qu'entourent les murailles de briques des grands immeubles carrés.

Elias s'est réveillé de la siesta avec le blues du parigot. Alors pour le désennuyer, nous sommes partis en quête de l'aire de jeu qui tue. Grosso modo, ici deux modèles, et aucun de super gégène.

Lorsqu'on débouche finalement sur ce large square, c'est pour y voir, dans un coin, quelques jeux en bois bien usés. Les couches de peinture ont épaissis les rondins, leur faisant presque perdre la texture du bois. Mais pour Elias, c'est le paradis.

C'est là qu'on a fait la connaissance d'Angela, neuf ans, et de sa petite sœur, qui jouent toute seules. Immédiatement, elle inclut Elias dans son jeu. Les deux se poursuivent, crient, jouent à la balançoire. C'est une petite fille, qui n'a pas l'air bien reluisante dans ces habits un peu trop courts, mais est très joyeuse, très vive. Elle nous demande si nous sommes en train de parler anglais. Je dénègue, of course. Elias, qui depuis quatre jours est devenu le grand, semble apprécier de se retrouver dans le rôle du petit. De celui qui a le droit à l'erreur. Qui ne doit pas montrer l'exemple.




Bon... c'est pas tout ça, mais va falloir rentrer. Le temps de s'éloigner un peu pour faire les derniers tours de bascule, où nous sommes vite rejoint par Angela et sa petite sœur, qui ne semble pas très enthousiaste. Elle traîne sa misère dans un vieux survêt' bleu. Les cheveux un peu sales, la goutte au nez. Elle aussi pousse un peu toute seule, j'ai l'impression. Alors pour la motiver un peu, sa grande sœur lui dit : "Viens, on reste encore avec eux, et ils vont nous payer !"

Vive la France !



Ici les mentalités évoluent, mais doucement. Le plus souvent, les vieux réflexes prédominent.

Aujourd'hui, profitant d'une nette amélioration du temps, qui est passé de "pluvieux" à "fortes probabilités d'averses", nous sommes allés faire une petite sortie sans frais chez Maku, le marchands de saloperies pour touristes, qui est à quatre pâtés de maisons de la pension de famille.




Et comme c'est sur le chemin, on en a profité pour faire un stop chez Jacques. Le coin est nettement plus chic que celui où nous habitons. Les larges avenues hébergent des magasins de luxe, fréquentés par la grande bourgeoisie locale.




La pâtisserie française de Jacques, ne dépare pas dans le quartier. Pas vraiment qu'on soit en manque de la France au point d'avoir un besoin vital d'un croissant au beurre. Nous ne sommes pas partis depuis suffisamment longtemps, pour que le plaisir toujours douteux de retrouver des français à l'étranger, le soit moins. Mais bon... Et puis quoi ? Jacques est une institution à Bogota. Installé depuis 95, sa boutique ressemble à un boudoir pour poupées Barbie, qui aurait été relookée par Pierre et Gilles. Une sorte de meringue sculptée, au mauvais goût très sûr. Le maître des lieux, impeccable dans ses costards italiens fabriqué à Medellin et ses liquettes anglaises tissées en Colombie, affiche une classe un peu trop tapageuse pour être franchement honnête.




Et de fait, l'ami Jacques est un sacré coco. Sa très select clientèle lui assure un réseau de protection tout à fait suffisant, pour lui permettre de traficotter de la devise à droite à gauche. Rien de méchant. Voyons ça comme de l'économie de subsistance. Évidemment, au prix très largement surévalué où il vend ses viennoiseries qui ne le sont pas moins, on pourrait penser qu'il n'a plus besoin de se livrer à ce genre de gamineries, mais misons sur son amour du sport. Il nous a proposé la botte sans complexe, en précisant sur un ton badin, que si "on le nique", en deux coups de fil, il peut nous faire retirer nos enfants. Honnêtement, j'en doute. Mais l'aplomb avec lequel il a proféré sa menace a des relents de moustaches de sicarios machonnées à la coca, le flingue en poche, et la dosette de blanche avec la petite cuiller à priser pas trop loin non plus.

Du coup, son croissant m'est un peu resté sur l'estomac. Pas sûr que je ne le gerbe pas d'ici à ce soir.

Bon, allez... pour la route, juste parce que je l'aime bien celle-là, je vous mets cette photo de mon acrobate préféré.



dimanche 26 août 2007

Bordel un dimanche de pluie.



On peut, je crois, dire qu'il fait sur Bogota un temps de merde. Pluie depuis ce matin sans discontinuer. Déjà qu'ici les dimanches sont longuets... mais heureusement, rendez-vous avec Michelle, Jaime et les enfants, au Parc 93.




Ici, les rues, parcs, etc... n'ont pas de noms, mais des numéros. Les locaux vous soutiendront qu'on y gagne largement en pratique ce qu'on y perd en romantisme. Soit. Il est vrai qu'avec un peu d'habitude, ça aide à se repérer. Sauf quand on n'a pas la mémoire des chiffres. Comme moi. Sinon, facile : la montagne borde la ville sur l'Est, et la culmine de quatre ou cinq cent bons mètres de dénivellé. Inratable. Les avenidas sont orientées est-ouest, les calle nord-sud (à moins que ça ne soit l'inverse), et les transversales, sont les passages qui redécoupent les grand blocs disposés en damier. Bon bref, rendez-vous avec Michelle et la famille à El Coral Gourmet. Gourmet ça veut dire haut de gamme. Rien à voir avec un vulgaire Indiana Café. Ici, la viande, c'est matière sérieuse. On a la main toujours lourde, comme avec cette sorte de bienveillance presque campagnarde. Vous savez, celle de la Tatie de la ferme qui vous demande quand refusez la troisième platrée si vous êtes malade, ou si c'était pas bon.

Les gamins, enfin surtout les deux grands, ont retourné le resto. Un déjeuner résolument n'importe quoi, entre cours de langues, jardin d'enfants et asile d'aliénés. Juste ce qu'il fallait pour sauver la journée.




Le retour, comme de bien entendu, s'est fait en taxi. Ils sont des dizaines de milliers à circuler dans les rues de Bogota. Et sur eux courent pas mal de bruits inquiétants. Certains locaux refusent même d'en attraper à la volée, pour des raisons de sécurité. D'ailleurs, un peu partout, on vous déconseille de vous y risquer. On l'a pourtant fait plusieurs fois sans que rien ne nous arrive. Enfin... de jour seulement. On ne sait jamais.

Car il est un fait que pendant longtemps, du temps de la splendeur des cartels, les compagnies de taxis étaient un bon moyen de blanchir de l'argent. Du coup, on ne savait jamais quel genre de bonhomme était assis sur le siège du conducteur. On dit même que ça a été un plan de reconversion assez populaire chez les redoutables sicarios – les tueurs à gages qu'employaient les narcos. Depuis que le commerce de la drogue s'est fait plus discret, ou disons, moins tapageur, ce n'est plus nécessairement le cas. Il n'en reste pas moins que les gens préfèrent appeler, ou faire appeler un taxi. On ne sait jamais.




Retour pour la siesta. Une photo, prise à la demande de mon fils. Il est un grand frère génial, un petit garçon merveilleux (ouais, ça va... ça va... je sais...), mais même si il aime sa petite sœur, avoir un peu sa maman pour lui tout seul, c'est bien aussi. C'est bien surtout, en fait.